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Les secrets

Tribune libre du Général (2S) Roland DUBOIS - VPF Ile de France




A la suite du rapport de la commission sur les abus sexuels dans l’Église de France, Monseigneur de Moulins-Beaufort, président de la conférence des évêques de France, a déclaré que, selon lui, le secret de la confession est supérieur aux lois de la république. Je suis en désaccord avec lui à ce sujet. Il ne doit pas y avoir d’exception au principe de la supériorité de la loi ; jamais. Mais pourquoi cantonner notre réflexion et notre rigueur à ce « secret » là. Il y en a d’autres sur la légitimité desquels on peut s’interroger.

Il y a le secret de l’instruction judiciaire, pourtant régulièrement violé, qui lui est dans les textes. Les autres “secrets” ne devraient pas être intouchables.


J’en dénombre trois : secret médical, secret de la confession, secret des sources d’information des journalistes. J’en oublie peut-être. J’ignore si ces “traditions” de secret ont une base légale, ou s’il ne s’agit que de tolérances, d’habitudes ancrées dans le temps.


Certes, dans les trois cas, on peut trouver des justifications : respect de la vie privée et maintien du lien de confiance pour les deux premiers, pérennité des sources et protection des informateurs dans le troisième. Mais ce qui est admissible dans la majorité des situations devient intolérable dans les cas extrêmes, de plus en plus nombreux. Qui n’a pas été révolté d’apprendre qu’aucun des médecins qui ont constaté, dans la durée, le délabrement psychologique du pilote de la Lufthansa auteur d’un désastre aérien récent, n’a jugé bon de prévenir la compagnie aérienne ? Que dire d’un prêtre qui reçoit la confession d’un assassin, d’un violeur, qui peut recommencer, et qui se tait, mettant en danger la vie d’autrui en le laissant courir? Comment exonérer de faute un journaliste qui a connaissance de faits ou de menaces de terrorisme gravissimes et qui refuse de révéler ses sources ?


Je suis conscient que la frontière entre ce qui est légitime et ce qui est condamnable est difficile à tracer ; et elle est fonction des situations. Mais il me parait important d’y réfléchir vite. Une règle sauvant l’essentiel sera sans doute imparfaite ; mais elle est nécessaire.


Un mot encore au sujet du rapport sur les abus sexuels dans l’Église (rapport mandaté par l’Église elle-même il faut le noter) ; à quand une commission d’enquête identique dans d’autres grandes collectivités ? Dans l’éducation nationale par exemple.

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